2020 nuances plus sombres, 2021 nuances plus claires


Eh bien… Je pense que nous serons peu nombreux à regretter cette année qui s’achève tant elle aura bouleversé nos vies professionnelles et personnelles.



Des crises mondiales

Une crise sanitaire tout d’abord qui s’est révélée être une véritable épreuve pour nombre d’entre nous et pour notre société du « vivre ensemble » et du « bien commun ». Nos sociétés si modernes se sont trouvées d’un coup déstabilisées par ce virus pour lequel elles n’étaient visiblement plus préparées. Chacun d’entre-nous connaissait quelqu’un qui en a été malheureusement la victime. Cela a été la source d’une profonde tristesse mêlée d’angoisse. Il faut bien sûr ici reconnaître l’immense dévouement et professionnalisme de tous les personnels de santé qui y ont fait face avec courage, mais reconnaître aussi que ceux-ci en ont assez d’être collectivement payés de mots. Collectivement, nos choix sociaux très protecteurs faits après-guerre ont des exigences : les services publics doivent être financés, et pour être financés, ils doivent être reconnus pour que le consentement à l’impôt soit accepté. Or cela fait maintenant une quarantaine d’années, plus d’une génération, que tous les services publics de santé, territoriaux, de police ou d’éducation se voient uniquement réduits à un poste de dépense quand des politiques libérales ne cessent démagogiquement d’œuvrer à la baisse des impôts et la délégation voire la privatisation de ces mêmes services engendrant nécessairement plus d’inégalités, moins de services rendus, recherche de profits obligent. Alors, dans l’impréparation collective la plus complète on s’aperçoit que nos choix collectifs budgétaires toujours à ne vouloir plus mettre d’argent public pour le bien commun nous a conduit à ne plus stocker de masques, à ne plus suffisamment financer la recherche, à ne plus soutenir des secteurs économiques stratégiques, tandis que les entreprises délocalisaient toujours davantage à la recherche de coûts de production toujours plus faibles jusqu’à ne plus nous-mêmes produire les molécules basiques de la pharmacopée, pire de simples masques.

Il y a eu aussi quelques prises de conscience de cela, des applaudissements… comme pour se dégriser collectivement. Il y a eu le fameux « quoiqu’il en coûte » du Président qui a bien du mal à incarner le collectif, simplement pour éviter que le système ne sombre. A voir… Car la crise sanitaire devenue économique et sociale désormais accentue les difficultés de chacun et face à l’adversité accélère le délitement de ce qui faisait de nous une nation. Les confinements décidés faute de mieux ont désorganisé toute l’économie, tous nos repères, toutes nos vies. Plus de sorties, plus de spectacles, plus de manifestations diverses et variées, plus de commerces, plus d’école ou une école en mode dégradé tandis qu’on s’apercevait de nouveau que l’école n’est pas là que pour apprendre, mais insère nos jeunes dans la société et ses codes, forme le citoyen garant de la démocratie de demain.

Alors si… il reste un réflexe national bien français qui demeure quand ça va mal… le recours à l’Etat… c’est-à-dire au collectif… Cela peut être un point de reconstruction d’ailleurs, car face à la défection des assureurs, les commerces et tous les acteurs économiques contraints à la fermeture se retournent vers le collectif pour être légitimement aidés. Alors l’Etat emprunte, subventionne au nom du « quoiqu’il en coûte » retrouvant un temps son rôle de politique publique et d’ultime recours de la nation. Nous empruntons collectivement toujours aux mêmes acteurs financiers au demeurant, et cela a pu aussi être interprété comme une première historique tant on privilégiait la vie humaine sur les intérêts économiques. A voir, car ces milliards déversés pour subventionner une économie mondiale confinée ne nous sont consentis qu’avec les garanties d’une solidarité européenne toute relative. A l’heure du Brexit, illustrant toute la défiance des peuples à l’égard du projet européen, le Royaume-Uni réintègre in extremis ces jours-ci le marché unique… le projet européen est devenu illisible pour nombre d’entre-nous. L’Union reste cependant la planche de notre salut collectif, sous les coups conjugués d’ailleurs de l’économie dirigiste chinoise et du libéralisme américain.

Au terme de cette année 2020, la crise sanitaire agit comme un catalyseur, accélérant toutes les mutations sociales en cours et son lot de tensions. S’ajoutant aux deux autres crises mondiales que sont la crise migratoire vers les îlots de paix et de prospérité, et la crise d’un islamisme radical alimentée par la difficile sécularisation des sociétés musulmanes. Ces trois crises mondiales viennent mettre à l’épreuve notre unité nationale déjà entamée avec le déclassement de tout un pan de la population mis à mal à force de politiques libérales revêtant un gilet jaune comme pour montrer aux puissants son existence.




Et Menton ?

A Menton comme ailleurs, ces trois crises mondiales nous impactent directement. Ville frontière, cela fait maintenant 5 ans que la fermeture aux migrants est opérée avec des situations humaines individuelles souvent à la limite du supportable. La situation, aujourd'hui moins sous les feux des médias, n'en est pas moins calmée. Au contraire, l'hiver et les neiges limitent les passages en France plus au nord, et l'effondrement de la route de la Roya concentre plus que jamais les passages par Menton. Pour nous, amendes et barrières sont désormais de mise dès qu'on s'y approche et les passages des travailleurs frontaliers ne sont plus aussi évidents, loin de là. Menton est moins touchée par l'islamisme radical, même si nous savons que des arrestations ont eu lieu, qu'un lieu de prière est contrôlé, que l'auteur de l'attentat de la Basilique de Nice est passé par Menton. Nice... elle, deux fois touchée par des attentats, est toute proche.

Mais ici, c’est le 2 octobre qui nous assène un dernier coup. La crise climatique qui pouvait apparaitre encore abstraite voire illusoire pour certains, a déchaîné fureur et désolation en vallée de la Roya. Des pluies avec des cumuls tout à fait exceptionnels se sont déversées sur nos reliefs qui ont redonné à la Roya sa nature de torrent et retrouvé son lit majeur. Tous les aménagements qui avaient été bâtis dans le lit ont été balayés, en premier lieu la route. Le pire, ce sont des habitations et des vies emportées. La Roya est notre communauté d’agglomération, nous en sommes intimement attachés et solidaires. Et s’il y a bien quelque chose de positif à retenir, c’est l’immense élan de générosité qu’il soit national, local, associatif ou individuel, pour aider à reconstruire les infrastructures et les âmes. Nous avons tous été meurtris par l’ampleur du travail de reconstruction à faire, nonobstant la compétition malsaine de la communauté urbaine de niçoise avec nous la CARF.

Car oui, il faudrait ajouter une cinquième crise pour compléter ce tableau 2020 de nuances sombres, celle du politique. En mai a été reconduit JC. Guibal pour 37 années au total de mandat à la tête de la ville et de l’agglomération. On peut penser ce que l’on veut de son bilan, je ne suis pas certain que le logiciel soit à jour face aux défis qu’imposent le dérèglement climatique et la réorganisation territoriale. A sa décharge, En Marche pour lequel j’avais pourtant monté avec d’autres le comité local a préféré le suivre plutôt que de monter une liste de renouvellement comme affiché, tandis que le Modem que j’avais monté ici en 2007 se fourvoyait et duquel j’ai démissionné. Pendant ce temps les verts et les socialistes, inconscients des enjeux, continuaient leurs querelles de clochers, sourds aux nécessités de rassemblements. Donc oui, crise politique quand les responsables des partis ne sont capables de nous offrir que la énième réélection du maire sortant et le RN. Comment voulez-vous que nous y adhérions encore ?




2021 plus clair

Pourtant restons optimistes pour 2021. Pas d’un optimisme béat, mais d’un optimisme qui se travaille, qui se construit. Si l’on travaille ensemble, 2021 peut être plus clair. Tout d’abord, on peut penser que la vaccination dans l’année va peu à peu éloigner le risque sanitaire et faire retrouver à notre économie des couleurs. Notre saison estivale devrait se passer un peu plus normalement même si notre fête des citrons n’a pas pu être sauvée, trop proche encore des confinements successifs. Ce sera néanmoins difficile de s'en relever, car le tourisme a été un des secteurs les plus impactés par la crise sanitaire, et pour notre économie locale c'est évidemment vital. Il n'y a qu'à demander aux personnels de la SBM victimes d'un plan de licenciement comme rarement vu. J’ai également un peu moins d’espoir pour nos services publics, bien qu’une présidentielle s’annoncera. Pour ce qui est de la prise en compte des dérèglements climatiques, la reconstruction de la Roya nous rappellera sa nécessité. C’est maintenant un gros dossier pour la CARF. Mais en travaillant tous dans la même direction, conjuguant les efforts de chacun, nous y parviendrons.

A Menton on en est encore loin avec l’éternelle majorité. Notre démocratie locale est aux abonnés absents faute de public accepté, faute de groupe d'opposition solide, et faute de communication administrative. Les visioconférences se sont imposées à nous quasiment partout, sauf au conseil municipal de Menton ! Est-ce étonnant ? Toujours pas question de panneaux solaires, tandis que la campagne s’était focalisée sur le vélo et les déplacements doux, j’attends de voir. Mais ça avance. Je sais que les associations, ASPONA en tête, continuent comme elles peuvent leur lobbying pour obtenir quelques avancées, voire même un conseil local pour le climat, sorte de déclinaison mentonnaise de la convention citoyenne pour le climat ou nous pourrions – peut-être – ce serait inédit ici être consultés!… C’est possible avec la brillante absence de groupes portant ces idées, elles vont être portées par une majorité des plus conservatrice et destructrice avec son PLU… pourquoi pas, plus grand-chose ne m’étonne.

D’ici là, souhaitons-nous collectivement une meilleure année que celle écoulée. Que vous puissiez trouver auprès de vos proches tout le réconfort et la force nécessaires pour continuer d’aller de l’avant. Je vous souhaite une très bonne année 2021 !



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